Bande originale (Rob Sheffield)

Années 1990. Pearl Jam, Pavement, Nirvana, Beck et Björk imposent un son nouveau à une culture américaine en pleine mutation. Rob Sheffield, un grand timide passionné de rock, rencontre Renée, une furie punk des Appalaches. Deux êtres que tout oppose hormis la musique. C’est elle qui les réunit, et c’est elle qui aidera Rob à surmonter la disparition brutale de Renée.
Rob Sheffield nous raconte cette histoire d’amour trop vite interrompue à partir de sa “bande originale”, les cassettes que lui et Renée enregistraient l’un pour l’autre.
Livre à la BO exceptionnelle, d’Elvis à Missy Elliot, des Rolling Stones à Yo La Tengo, de Leonard Cohen à Pavement, Bande Originale est une ode à la survie et un voyage au coeur du rock. (4ème de couverture)

Mon avis : On pourrait penser que ce roman est une déclaration d’amour à la musique. Mais ce serait réducteur, c’est bien plus que ça.

C’est aussi une très belle déclaration d’amour d’un homme à la femme qu’il a perdu. Amour et musique étant étroitement liés. Pas un souvenir de Renée n’est pas associé à la musique. REM, les Beatles, Van Halen, les Stones, Kurt Cobain, Led Zeppelin, Lou Reed (j’adore Lou Reed !), Pavement…

Je ne connais pas toutes les références citées (j’ai toujours eu des goûts très éclectiques, allant de Chopin aux boys band en passant par Michael Jackson, Oasis les RHCP ou Willie Nelson, entre autres et selon les périodes mais ce n’est pas forcément ma génération) mais j’ai trouvé le récit de Rob Sheffield très intéressant. Non seulement il sait de quoi il parle mais, en plus, on le sent vraiment passionné alors que, en même temps, ce qui concerne Renée est retenu. Même après son décès, alors qu’il se met à nu, il reste pudique. L’auteur arrive vraiment, par ses mots, à faire passer passion, admiration et affection. Ce n’est pas mélodramatique mais c’est fort en émotion. Je suis presque gênée de l’avouer mais les 110 dernières pages sont mes préférées. J’ai vraiment été touchée par les sentiments de Rob.

Il n’y a pas d’intrigue à proprement parler parce que ce n’est pas un roman comme on en lit habituellement mais ça n’est pas ennuyeux pour autant, je suis restée scotchée à mon livre tant l’ambiance qui s’en dégage est confortable et familière. C’est une autobiographie (chaque étape importante de la vie de Rob est liée à une compilation créée pour  l’occasion) mais ce n’est pas juste une histoire personnelle, c’est aussi un document accessible sur l’histoire de la musique (Rob Sheffield est journaliste pour Rolling Stones Magazine et pour MTV).

Un extrait ? Le dernier paragraphe du roman :
“Qu’est-ce que l’amour ? Les grands esprits se sont de tout temps pris la tête avec cette question et, à l’époque moderne, ils nous ont fourni nombre de réponses différentes. D’après la philosophe occidentale Pat Benatar, l’amour est un champ de bataille. Son pote Frank Sinatra ajouterait que l’amour est un piège. Les gamins défoncés qui ont passé l’été 1978 à avoir l’air cool sur le capot de leur Trans Am dans le parking de l’école Pierce nous fichaient la trouille à nous autres gamins en passant à fond le tube de Sweet “Love Is Like Oxygen” – si vous en avez de trop, vous planez trop, pas assez, et vous mourez. L’amour fait mal. L’amour craint. L’amour mord, l’amour saigne, l’amour est la drogue. Les troubadours de tous temps s’accordent : ils veulent savoir ce qu’est l’amour, et ils veulent que vous le leur montriez.
Mais la réponse est simple. L’amour est une compilation.”

Lu et chroniqué grâce aux éditions du Livre de Poche. Merci à eux.

Bande Originale ; Rob Sheffield, Editions du Livre de Poche
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