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Le Radeau de la Méduse de Theodore Géricault…

12 novembre 2009 · 12 commentaires

Je sais, j’ai une semaine de retard sur le planning. Je n’aurai pas dû prévoir de le faire une semaine sur 2, en fait. Je ne suis pas régulière du tout. Mais, me voici avec une nouvelle oeuvre. Et, en plus, un jeudi. Vous pouvez me féliciter pour cet effort.

le radeau de la méduse

Le Radeau de la Méduse
Théodore Géricault
Huile sur toile, 491×716cm
Musée du Louvre, Paris

Théodore Géricault (1791-1824), peintre français illustre, dans ses oeuvres, la souffrance et le désespoir, ses sujets de prédilection. Pour la petite anecdote, il meurt à 33 ans des suites d’une chute de cheval, le noeud de sa chemise nouée dans le dos lui ayant endommagé la colonne vertébrale.

La Méduse a réellement existé. Il s’agissait d’une frégate, envoyé par le gouvernement  de la restauration pour prendre possession de la ville de Saint-Louis (Sénégal) et qui a fait naufrage au large de l’Afrique le 2 juillet 1816. 150 personnes ont trouvé refuge sur un radeau de fortune construit avec des morceaux du navire. Une dizaine seulement a survécu à ces 13 jours sans eau et sans vivres, se nourrissant grâce au cannibalisme de compagnons morts de faim, assassinés ou suicidés.

Sur cette toile, l’artiste met en scène les survivants (la vie) aperçevant un bateau (L’Argus) au loin (l’espoir) aux côtés de cadavres (désespoir et mort). Au 1er plan, des corps sans vie ou à l’agonie (disposés de façon sculpturale), au 2nd plan, une pyramide de survivants au sommet de laquelle un rescapé agite un drapeau, signe d’espoir et de vie. Ne prêtant guère attention à la vague qui arrive sur la gauche prête à les ensevelir.

Tableau romantique qui montre la vie, l’espoir, la mort, le désespoir. Au travers de cette oeuvre, Gericault prouve que la beauté d’un tableau ne se situe pas dans la beauté du sujet représenté. Alors que les romantiques s’enthousiasment, la toile défraie la chronique et suscite de vives critiques du public.

Pour la petite histoire, le tableau se conserve très mal. Alors qu’il étonnait par ses couleurs éclatantes, il est aujourd’hui tout noirci.

2nde anecdote : Lorsqu’en 1819, il commence son tableau, Géricault (qui rentre tout juste d’Italie) se rase la moitié de la tête. S’interdisant ainsi de sortir en public, il renonce à toute forme de plaisir et de déconcentration et peint d’arrache-pied.


Catégories : L'oeuvre d'art du jeudi

12 réponses jusqu'à présent ↓

  • valérie // 12 novembre 2009 à 18:02 | Répondre

    L’un de nos tableaux préférés, à toute ma petite famille. Mon mari dit toujours que Géricault ne savait pas peindre les pieds à cette époque et qu’il s’est donc arrangé pour les cacher. Alors je pose la question cruciale , mon mari nous ment-il depuis le début?

  • Erell // 13 novembre 2009 à 20:21 | Répondre

    je trouve que l’oeuvre est aussi très impressionante quand on la voie au Louvre. On sent la force quand on voi la photo mais devant le tableau j’ai été scotché.
    Les Delacroix noircissent aussi non ?

    • feebourbonnaise // 13 novembre 2009 à 21:20 | Répondre

      Ce qui me trouble c’est que ce soit si sombre et lumineux à la fois.
      Pour les Delacroix, je ne sais pas, je ne m’y suis jamais intéressé. Pas encore, je vais faire quelques recherches maintenant que tu en parles.

  • heclea // 14 novembre 2009 à 19:23 | Répondre

    Merci pour toutes ces infos, je suis plus que novice en peinture et je sens que ta rubrique va me donner envie d’en apprendre plus :)

    • feebourbonnaise // 14 novembre 2009 à 21:11 | Répondre

      Si je peux te donner envie alors je serai heureuse. J’essaie de ne pas être trop “scolaire” dans mes explications. J’aurai d’autres choses à dire mais je ne veux pas vous noyer sous une abondance d’infos, ce ne serait plus marrant. Quelques bases suffiront peut-être pour vous donner envie d’aller plus loin dans la réflexion.

  • Flo_boss // 23 novembre 2009 à 10:52 | Répondre

    Bien qu’étant assez ignorant en peinture, le Radeau de la Méduse est un de mes tableaux préférés! Je suis ravi que tu aies fait ce post très intéressant dessus!

  • Une Fille // 29 décembre 2009 à 23:06 | Répondre

    Moi aussi j’ai lu (dans “L’Histoire de l’art pour les nuls”, trop la classe) que Géricault ne savait pas peindre les pieds.
    Genre le type, il créé un chef d’œuvre plus grand que mon salon, mais il est bloqué par cinq orteils.
    Je n’y crois qu’à moitié…

    • feebourbonnaise // 30 décembre 2009 à 11:24 | Répondre

      Pourquoi ça ne serait qu’à moitié vrai ? On a tous un talon d’achille. Un domaine dans lequel on excelle moins. Certains ne savent pas dessiner les nez, les bouches ou les oreilles. Géricault était moins à l’aise avec les pieds. Ca n’en reste pas moins un très grand artiste.

  • Une fille // 30 décembre 2009 à 11:53 | Répondre

    Certes. Mais quand on voit la maîtrise qu’il a sur La représentation des corps nu, ce qui suggère des heures et des heures d’études de l’académisme, la façon dont il modèle les muscles, la façon brillante qu’il a de jouer avec la lumière pour dessiner les mouvements, ou même simplement la façon dont il peint les mains… Quand même, une telle faiblesse m’étonne.
    Mais bon, Géricault était humain !

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